Le label Passivhaus

Il existe des labels bioclimatiques étrangers qui peuvent être appliqués en France, dont le plus internationalement reconnu est le label d’origine allemande Passivhaus (maison passive)…

Des constructions dans le monde entier ont été labellisées Passivhaus. Ce label est devenu la réglementation thermique pour la Belgique et le Luxembourg. Il ne cesse d’évoluer. Si au début il concernait les constructions en région continentale, dorénavant toutes les zones climatiques sont prises en compte.

Passivhaus a été créé par Wolfgang Feist et Bo Adamson. Ils ont réalisé la première maison passive à Darmstadt, en 1991. Depuis, des milliers de maisons ont été construites selon ce référentiel dans le monde entier (Allemagne, Autriche, Belgique, Suède, mais également en France, aux États-Unis, en Afrique du Sud…).

Une maison passive garantit un climat intérieur confortable pour les habitants aussi bien en hiver qu’en été, sans système de chauffage traditionnel, ni climatisation. Le besoin annuel en énergie pour le chauffage (ou le refroidissement) ne doit pas dépasser 15 kWh/m2/an (kilowattheures par mètre carré par an), soit un niveau jusqu’à 15 fois inférieur à la consommation des bâtiments existants, ce qui représente environ une puissance nécessaire de 10 W/m2.
La conception d’une habitation passive se fait à l’aide d’un logiciel, le PHPP. Il prend en compte les données physiques. Le but est que la construction présente le moins de fuites de chaleur possible. On renforce donc l’isolation thermique. Plus l’enveloppe est isolée, moins on a besoin de chauffage pour conserver une température agréable à l’intérieur, en hiver comme en été.
Ce standard, très exigeant, est pourtant possible avec un surcoût modéré de construction. Le terme de maison « passive » signifie que la chaleur est reçue principalement par le rayonnement solaire, les appareils ménagers et les habitants eux-mêmes et n’est pas émise par un appareil de chauffage. L’apport solaire peut couvrir 40 % des pertes de chaleur. Les fenêtres doivent avoir des performances adaptées (triple vitrage, châssis superisolant).
L’orientation est la même que celle indiquée précédemment pour la conception bioclimatique, c’est-à-dire au sud. La surface de vitrage des pièces principales au sud doit représenter de 40 à 50 % de la surface totale. Les vitrages est et ouest ne doivent pas dépasser 20 % et les fenêtres orientées au nord de 10 à 15 % de la totalité des ouvrants.
Pour les constructions situées en zones chaudes ou très chaudes, les surfaces de vitrage les plus importantes doivent se situer au nord, pour contrer le réchauffement. L’isolation thermique doit être très performante (Up < 0,15 W/m2.K et pour les menuiseries Uw et Ug < 0,8 W/m2.K, selon zones climatiques) et aucun pont thermique n’est permis, ou bien ils doivent être limités à 0,01 W/m.K. L’étanchéité à l’air doit être performante, les fuites d’air ne doivent pas dépasser 0,6 volume/h sous 50 Pa.
Attention, cela ne signifie aucunement que l’habitation doit devenir un bocal avec un air en circuit fermé. Au contraire, il est primordial d’avoir recours à un système de ventilation adapté et performant. Le but n’est pas d’empêcher l’air d’entrer, mais plutôt de conserver la température de l’air intérieur. L’amenée d’air frais est obligatoirement assurée par un système de VMC double flux avec échangeur de chaleur haute performance, afin de récupérer les calories de l’air chaud vicié extrait pour réchauffer l’air frais entrant. Il est ainsi possible de récupérer jusqu’à 90 % de la chaleur de l’air sortant pour la transmettre à l’air entrant. En utilisant un puits canadien ou une pompe à chaleur, il est également possible de préchauffer l’air frais avant de l’introduire dans l’échangeur. Le principe est réversible en confort d’été, c’est-à-dire que l’on rafraîchit l’air extérieur avant de le faire entrer. L’ensoleillement direct en été doit être contrôlé, comme nous l’avons vu également, par la végétation ou des occultations.
Le surcoût d’une maison passive est de 10 % ou plus, environ, par rapport à une construction traditionnelle. Si le montant peut paraître important sur un budget de construction, il est à contrebalancer avec les gains futurs en énergie, la satisfaction de réduire son empreinte écologique et le fort potentiel à la revente d’un bien sobre en énergie.

Pour atteindre l’objectif de basse consommation exigé par le label, toutes les valeurs de demande en énergie sont calculées au moyen du logiciel de conception du Passivhaus Institut, le PHPP, en fonction des surfaces habitables nettes de l’habitation.
Né au nord de l’Europe, ce référentiel n’était pas adapté au climat des pays du sud. C’est pourquoi le consortium Passive-On a décidé d’édicter des adaptations des prescriptions Passivhaus pour ces pays. L’esprit et la plupart des recommandations restent les mêmes, avec cependant quelques différences importantes. Par exemple, la demande en énergie de chauffage ne doit pas dépasser 15 kWh/m2/an. Le même niveau doit être respecté en ce qui concerne la climatisation. La consommation totale d’énergie primaire (y compris la production d’eau chaude et l’éclairage) ne doit pas dépasser 120 kWh/m2/an. L’étanchéité à l’air, normalement de 0,6 volume/h, peut atteindre 1 volume/h si la température extérieure ne descend pas en dessous de 0 °C.

Le chauffage, par nature limité, est généralement assuré par le système de VMC double flux ou par une petite chaudière à biomasse (bois). L’électroménager est à choisir dans les gammes d’appareils de classe A (peu consommateurs). Pour l’eau chaude, on peut installer un CESI (chauffe-eau solaire individuel).

La labellisation Passivhaus est tout à fait possible en France par un organisme agréé, cependant de nombreux problèmes apparaissent, dus à plusieurs facteurs, notamment d’ordre culturel et de lobbying. En effet, l’accent est mis sur la distribution d’énergie et sur la fourniture d’électricité nucléaire plutôt que sur l’économie d’énergie, et ce malgré les discours officiels. Dans la pratique, les acteurs des marchés sont très en retard par rapport à nos voisins européens.

L’isolation par l’extérieur exige un haut niveau de qualité et de qualification. Elle est encore trop peu répandue, notamment dans le privatif. Ce mode d’isolation remet en cause des habitudes établies depuis des décennies et nécessite d’en finir avec les ponts thermiques. Elle requiert également des épaisseurs d’isolant conséquentes, ce qui est en contradiction avec la recherche de surface habitable maximale, notamment lorsque le marché de l’immobilier est tendu.

Le mode de chauffage est en rupture totale avec les habitudes et le mode de consommation français. La main-d’œuvre est peu ou pas formée à la construction avec étanchéité à l’air élevée. Le coût global reste important, ce qui décourage les primo-accédants, dont le principal souci est généralement d’obtenir les prix les plus bas. Cependant, le surcoût est vite rentabilisé par des dépenses très faibles en énergie.

Les règles de construction passive concernent tous les principes constructifs. Il peut s’agir aussi bien d’une maison à ossature bois, d’une maison à isolation répartie (brique ou béton cellulaire) que d’une construction en parpaings.
Il existe trois niveaux de labellisation passive. Le premier, dit Classic, est le niveau de base originel du label. Les niveaux Plus et Premium incluent la production d’énergie renouvelable.

D’après L’isolation © DFTG

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