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Les maisons en bois
L’utilisation du bois dans la construction remonte à des temps ancestraux. Dès le Paléolithique supérieur, il y a près de 20 000 ans, les hommes construisaient des habitations en bois lié. Dans les lacs Alpins, des restes de pilotis vieux de 6 000 ans attestent également de l’utilisation du bois pour la réalisation des palafittes (cités lacustres). Pour plus d’informations sur cette période, visitez ces pages : http://www.asleman.ch/lemaniques/leman26.htm et pour les enfants : http://www.cndp.fr/galilee/1998-1999/gl290399/GL290399.pdf (en PDF). D’autres vestiges plus récents sont parvenus jusqu’à nous : temples japonais du 7e siècle, églises en bois debout en Suède, maisons à colombages présentes dans tous les centres historiques de nos grandes villes.
Une maison en bois est une construction dont la structure porteuse est en bois. Selon les techniques, la structure porteuse peut utiliser du bois en position horizontale (technique des rondins ou madriers empilés) ou en position verticale (technique des colombages, poteaux-poutre ou plate-forme). Contrairement aux idées reçues, le bois offre une garantie de pérennité, de solidité et de sécurité. Il a un très bon comportement au feu : il se consume lentement, ne dégage pas de fumées toxiques et conserve longuement ses propriétés de résistance mécanique. Un entretien courant des revêtements extérieurs est néanmoins nécessaire, comme pour n’importe quelle maison. Les maisons en bois résistent bien aux tremblements de terre et dans les conditions extrêmes (haute altitude, grand froid, bord de mer). Les grands ennemis du bois sont les insectes et les champignons. C’est pourquoi on n’utilise pas n’importe quelle essence et que pour certaines d’entre elles des traitements préventifs doivent être appliqués.
Le bois est un excellent isolant thermique ; il conserve aussi bien la chaleur que la fraîcheur. Associé à d’autres isolants thermiques (techniques du madrier, plate-forme), il présente des qualités d’isolation thermique exceptionnelles et contribue à une économie des énergies utilisées pour le chauffage. Le bois est également un bon isolant phonique. Il atténue les bruits aériens (voix, radio, etc.) mais des dispositions techniques particulières doivent être utilisées pour une bonne isolation aux bruits d’impacts (pas, chute d’objet, etc.). Le bois est un matériau noble, sain, bon régulateur hygrométrique, ne génère pas de radon, ni d’électricité statique et n’est pas un repaire pour les acariens. L’utilisation du bois permet de préserver l’environnement ; c’est un matériau disponible et renouvelable. Le bois œuvré nécessite jusqu’à vingt fois moins d’énergie que celle nécessaire pour réaliser du béton. La construction en bois nécessite très peu d’eau, uniquement pour les fondations. Si l’on ajoute à toutes ses qualités sa chaleur, sa couleur, son odeur, ses possibilités architecturales, on comprend pourquoi la construction en bois commence à se développer en France.
Les techniques
Les rondins empilés - Cette technique de construction venue du nord de l’Europe et déjà utilisée au temps des celtes a couramment été utilisée jusqu’au milieu du XXe siècle. Ces habitations sont très pérennes et résistent bien aux fortes chutes de neige. Facilitée grâce à l’outillage moderne, cette technique connaît un regain d’intérêt en Amérique du nord et en Europe. Ce mode de construction consiste à empiler des rondins ou des billes de bois brut ou tournés les uns sur les autres. L’étanchéité à l’air de la paroi, entre les fûts, était assurée par un calfatage de paille et de terre ou d’étoupe. Remise au goût du jour en France dans sa plus pure tradition par une association (http://perso.wanadoo.fr/bois.tcb/fuste.php), ce type de construction, appelé fuste, utilise des billes de bois brut de 25 à 35 cm de diamètre écorcées et entaillées pour permettre de les emboîter et d’insérer un isolant entre chaque bille. Ce principe qui fait appel à un compas spécifique pour tracer la largeur de la rainure permet d’éviter toute torsion des pièces de bois une fois en place. Le diamètre des troncs et la technique d’assemblage (sans aucun clou ni boulon) autorisent de ne pas doubler la paroi avec un isolant supplémentaire. Les essences les plus utilisées sont l’épicéa, le sapin, le douglas, le mélèze, le pin sylvestre, le pin maritime… Les fustes ont une exceptionnelle résistance au feu. Pour plus d’informations concernant cette technique, visitez également le site : http://www.maisonsaga.qc.ca/scan.php. Des constructions industrialisées et plus onéreuses font appel à des billes ou des rondins rectifiés ou tournés.
Le madrier - Issue des mêmes origines que les rondins empilés mais plus industrialisée, cette technique fait appel à des madriers en bois massif, contre-collés ou lamellés collés. Chaque pièce est assemblée à la précédente par des rainures pour permettre l’étanchéité à l’air de la paroi. Cette technique de construction d’une grande simplicité de mise en œuvre permet une régulation hygrométrique exceptionnelle de l’habitation. Une bonne maîtrise des techniques de construction est néanmoins indispensable pour respecter les tassements différentiels avec les éléments en bois debout (menuiseries) et les matériaux inertes (maçonnerie).
Pour obtenir de meilleures performances thermiques et dans un souci d’économie, des fabricants proposent des madriers sandwich incluant un isolant thermique. L’isolant peut être du polystyrène extrudé ou expansé ou du liège. Ces produits permettent de profiter d’un revêtement en bois massif intérieur et extérieur. Une technique constructive similaire utilise des madriers de faible épaisseur assemblés les uns sur les autres en ménageant un espace intérieur rempli avec du liège en vrac.
L’utilisation de madriers massifs de faible épaisseur (1) requiert la pose d’un isolant supplémentaire. Dans cet exemple, la paroi est doublée avec une couche de laine de verre (2) et recouverte d’une plaque de plâtre (3).
Exemple d’utilisation de madriers avec isolant (1). La paroi vue en coupe montre, côté extérieur, des liteaux (2) qui reçoivent un bardage vertical (3).
Exemple d’une paroi extérieure d’une construction en madriers empilés.

 

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